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Pierre Béguery, maire de Montbonnot-Saint-Martin et 2e vice-président de la Communauté de communes du Grésivaudan, a suivi le projet Isère Amont depuis la création du Symbhi. Il répond à nos questions sur ses dernières avancées.
• la réalisation de deux champs d'inondation contrôlée au nord et au sud de la RD11,
• la mise en place d'une vanne en amont paramétrée pour s'ouvrir au débit « trentennal» de l'Isère,
• la réalisation d'une nouvelle digue en arrière de celle existante qui sera abaissée pour rétablir la connexion de la forêt alluviale avec la rivière.
Tout à fait. Au départ, le projet Isère Amont était essentiellement un projet hydraulique pur dont l'objectif était de contenir les crues grâce au curage du lit mineur, au renforcement de certaines digues à la création d'une série de champs d'inondation contrôlée. Peu à peu, le projet s'est transformé et, grâce au Symbhi, a été nettement amélioré, considérablement enrichi. Il a pris en compte des dimensions paysagère et environnementale, et également de loisirs. Un exemple : les forêts alluviales. Nous en avons plusieurs à Montbonnot. Grâce aux aménagements prévus, elles seront reconnectées à l'Isère et inondées à chaque crue triennale. On va déplacer des digues et créer des seuils franchissables pour remettre en eau ces forêts. L'eau va ainsi nourrir la nappe phréatique et la forêt. On va également abaisser les seuils de torrents qui avaient été précédemment surélevés pour que les poissons puissent à nouveau frayer. On va enfin réaménager d'anciennes carrières. Ce projet était ficelé pour l'essentiel en 2008, même s'il restait à cette époque encore quelques points de réflexion, notamment l'indemnisation des agriculteurs qui a été réglée en concertation avec la profession.
Quand on nous a dit l'année dernière que ce magnifique projet auquel j'avais totalement adhéré risquait de s'arrêter pour des raisons financières – ce que je pouvais comprendre par ailleurs, car ce projet aurait dû être pris en charge par l'Etat –, j'ai souhaité mobiliser les communes riveraines dès novembre 2010. Nous avons pris une motion à Montbonnot demandant solennellement au président du Conseil général de revenir sur sa position et de voir comment il était possible de débloquer le projet. Notre commune était d'autant plus désintéressée dans cette affaire qu'avec l'achèvement des travaux du SIAP et du SITSE*, nous avions déjà mis Montbonnot à l'abri de la crue centennale des torrents du Saint-Eynard. Le projet d'aménagement présente un intérêt cardinal non pour Montbonnot – qui, dans les faits, est essentiellement impactée sans en retirer beaucoup d'avantages avec un tiers de sa surface transformée en champs d'inondation contrôlée – mais surtout pour Meylan, La Tronche, le campus de Saint-Martin-d'Hères et Grenoble dont les activités importantes seront protégées contre le risque majeur d'inondation. Nous avons voté cette motion, puis contacté le maire de Meylan, les maires du Sizov*, puis ceux des autres communes de la vallée qui ont à leur tour, dans leur très grande majorité et en mettant en avant les bénéfices escomptés de ce projet, demandé à l'assemblée départementale de lui redonner vie avant le vote de son budget en mars 2011. Nous avons tenu informées les instances du Symbhi du vote des motions prises dans chaque commune.
En effet, j'ai appris avec bonheur au printemps dernier que l'Etat allait augmenter sa participation dans le cadre du Grenelle II de l'Environnement. Le Conseil général a ainsi pu réduire sa part dans le financement des deux projets, ce qui a finalement permis de les relancer une fois les financements sécurisés. J'ai été très sensible au fait que Robert Veyret ait choisi la commune de Montbonnot, en reconnaissance de notre engagement de la première heure dans le projet Isère Amont, pour annoncer la relance officielle des projets du Symbhi le 27 juin dernier lors du dernier Conseil syndical.
Oui, nous avons travaillé ensemble sur la réhabilitation de l'étang Pacific pour en faire à terme un espace naturel sensible d'intérêt intercommunal, voire départemental. L'idée et simple : le Symbhi va déverser dans cette carrière quelque 70 000 m3 de produits de curage du lit de l'Isère qui permettront de créer des hauts fonds. Ces hauts fonds deviendront des îles artificielles sur lesquelles seront plantées des espèces hydrophiles qui favoriseront le retour des oiseaux migrateurs ou sédentaires. La carrière deviendra un espace humide de haute qualité dont l'impact environnemental sera emblématique de la « méthode Symbhi » que j'ai déjà appréciée lors de la requalification de la chantourne de Meylan-Montbonnot. J'espère pouvoir conforter ce projet avec des aménagements paysagers et environnementaux menés à proximité par la commune sur des terrains lui appartenant, et par une entreprise privée sur un projet d'extension de carrière.
C'est une véritable opportunité qui va permettre de remettre en route des projets de développement économique stoppés par les plans de prévention du risque inondation. Je pense à Inovallée Meylan particulièrement, mais aussi, dans le futur, aux zones d'activité de Champ-Sept-Laux à Champ-près-Froges ou Pré-Brun à Pontcharra. La fin de l'aménagement de la première tranche, malheureusement prévue dans cinq ans pour des raisons d'étalement du coût des travaux, bénéficiera en premier chef aux industries de pointe et à la recherche qui sont situées en périphérie immédiate de Grenoble. Je me réjouis que, dans un contexte économique difficile, un obstacle majeur au développement soit enfin levé. Je regrette par contre l'étalement dans le temps des travaux.
*SIAP
Syndicat intercommunal d'assainissement pluvial rassemble les communes de Biviers, Corenc, La Tronche, Meylan, Montbonnot et Saint-Ismier).
*SITSE
Syndicat Intercommunal des Torrents du Saint-Eynard (composé des communes de Biviers, Meylan, Montbonnot, Saint-Ismier, Saint-Nazaire-les-Eymes).
*SIZOV
Syndicat intercommunal de la zone verte qui rassemble les communes de Biviers, Saint- Nazaire-les-Eymes, Montbonnot, Saint-Ismier et Bernin.