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Contrat de rivière : entretien avec Maud Balme

Maud Balme-Debionne, ingénieur en hydraulique (elle sort de l'Ecole d'hydraulique de Grenoble INP), est chargée de mission au Syndicat d'Assainissement du Canton de l'Oisans (SACO), structure porteuse du Contrat de rivière Romanche. Travaillant aux côtés de Gilles Strappazzon, président du Comité de rivière Romanche et conseiller général du canton de Vizille, elle explique ici les enjeux et la démarche de cet outil.

Qu’est ce qu’un contrat de rivière
C’est un outil opérationnel qui intervient à l’échelle d’un bassin versant. Il concerne l’eau et ses usages et a pour objectif d’améliorer le fonctionnement de la rivière et la qualité de l’eau, de valoriser les milieux aquatiques et de favoriser une gestion équilibrée des ressources en eau. Il préconise pour arriver à ce résultat une série de fiches actions pour tous ses partenaires : les collectivités, les syndicats intercommunaux, les entreprises…

 

Plus précisément, quel périmètre recouvre le Contrat de rivière Romanche ?
Il porte sur l’ensemble du bassin versant de la Romanche qui couvre 1 220 km² et comporte 40 communes, 36 en Isère, 2 en Savoie et 2 dans les Hautes-Alpes. Le Contrat de rivière Romanche est l’outil opérationnel du SAGE (Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux) Drac-Romanche. Il prend en compte non seulement les orientations du SAGE, mais aussi celles de la Directive Cadre Européenne sur l’Eau et du Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SDAGE) du bassin Rhône-Méditerranée. Le Contrat est porté juridiquement et financièrement par le SACO (Syndicat d’assainissement du canton de l’Oisans et de la Basse-Romanche) qui assure son animation et coordonne ses actions. Des conventions ont été passées entre le SACO et les autres collectivités extérieures à son périmètre d’intervention. L’élaboration du Contrat de rivière est subventionnée par l’Agence de l’Eau, la Région Rhône-Alpes,  le Conseil général de l’Isère et différents partenaires selon les thèmes : EDF (Électricité de France), SIERG (Syndicat Intercommunal des Eaux de la Région Grenobloise), Parc National des Ecrins, FFCAM (Fédération Française des Clubs Alpins et de Montagne), STD (Société des Touristes du Dauphiné). Nous travaillons en lien étroit avec la CLE (Commission locale de l’eau) Drac-Romanche et, bien sûr, avec notre voisin du Contrat de rivière Gresse et Drac aval.

 

Depuis quand existe-t-il ?
Il a été lancé en 2007 et en est encore au stade de l’élaboration et des études techniques.

 

Quelles sont les études lancées par le Contrat de rivière ?
Cinq études ont été lancées:
• la réalisation du schéma directeur d’assainissement de l’Oisans concerne les 23 communes membres du SACO. Il s’agit ici de diagnostiquer les réseaux et les ouvrages existants et de proposer des améliorations.
• le schéma directeur d’alimentation en eau potable des 40 communes du bassin versant dresse un état des lieux de la ressource en eau et notamment des réseaux.
• l’impact des refuges, restaurants d’altitude ou gares de remontées mécaniques en haute montagne  sur les ressources en eau et les milieux naturels.
• la préservation de la nappe phréatique du Bourg-d’Oisans, classée d’intérêt patrimonial et figurant comme une ressource majeure à préserver.
• la rivière et ses affluents. Cet état des lieux porte sur les aspects hydrauliques, le transport solide, les milieux naturels, la végétation. Des propositions seront formulées pour améliorer le fonctionnement des milieux. Nous travaillons essentiellement sur les affluents et la Haute Romanche, puisque le Symbhi a la charge de ce type d’études pour la Romanche elle-même, de Bourg d’Oisans à Champ-sur-Drac.

 

Après ces études, que se passera-t-il ?
Nous entrerons dans une phase très concrète avec des préconisations qui seront de véritables fiches actions proposées à nos partenaires. La difficulté à ce stade réside dans la diversité des maîtres d’ouvrage. Nous jouons en quelque sorte un rôle de chef d’orchestre en veillant à ce que chacun respecte sa propre partition. Bien évidemment, nos préconisations n’ont pas de valeur réglementaire et obligatoire ; il nous faut donc négocier avec chacun de nos partenaires pour aboutir à leur mise en œuvre. Nous avons de plus une organisation qui permet une large concertation : deux fois par an au moins, nous réunissons l’ensemble des membres du Comité de rivière, les élus, les représentants des associations, les administrations, pour présenter notre action. Près de 150 personnes participent à ces réunions toujours riches en débats et en enseignements.

 

Combien de fiches-actions sont-elles prévues ?
Difficile d’être précis aujourd’hui. On peut imaginer qu’il y aura entre 70 et 100 fiches actions, soit autant de travaux qui seront suivis. Ces actions doivent être réalisées dans les six années à venir et être terminées au plus tard en 2017. A titre d’exemples, je citerai les travaux d’assainissement, avec la mise en séparatif des réseaux et l’instauration de systèmes de traitement, la sécurisation des réseaux d’alimentation en eau potable, la mise en place de périmètres de protection des zones de captage, la reconnexion de bras morts et d’annexes aquatiques à la rivière, la réalisation de plages de dépôts, l’amélioration des dispositifs de franchissement piscicole, la restauration des fonctionnalités naturelles des zones humides… La liste est longue ! Il y a encore beaucoup de travail devant nous.

 

Quelles sont vos relations avec le Symbhi ?
Le Symbhi est l’un de nos partenaires privilégiés. Son action porte à la fois sur la réduction du risque inondation, la gestion des milieux aquatiques et la mise en place d’usages nouveaux et s’inscrit parfaitement dans notre démarche globale de concertation locale pour la Romanche, Le Symbhi est porteur de plusieurs fiches-actions ayant un intérêt stratégique pour le Contrat de rivière Romanche.