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Christian Baret, à quel titre avez-vous participé aux ateliers thématiques ?
En priorité en tant que riverain. Car, vous l’avez constaté, ma maison est en limite de la rivière dont elle n’est séparée que par une digue qui court de la Croix du Moutet à la zone d’activité de Vizille.
Et bien sûr, je me suis interrogé sur ce qui pouvait se passer dans notre quartier en cas de crue.
Comme en 2008 ?
Oui, lors de cet épisode de crue décennale, le niveau de l’eau a beaucoup monté et s’est stabilisé à un mètre du sommet de la digue ! J’étais d’astreinte à ce moment-là sur les centrales et j’ai pu suivre en temps réel la progression de la crue qui a atteint 320 m3/seconde à son plus fort. Nous avions vu des arbres entiers passer sous le pont proche de notre maison et, croyez-moi, c’était impressionnant ! Et les voisins venaient me questionner, inquiets de voir les flots enfler… J’ai donc été très intéressé par le projet d’aménagement de la Romanche, d’autant que ce dossier m’intéressait aussi à titre professionnel, puisque je participe à la gestion de l’exploitation des quatre centrales situées entre les Clavaux et le Péage-de-Vizille et que le projet du Symbhi aura nécessairement un impact sur ces petits barrages.
Vous vous êtes porté volontaire pour ces ateliers ?
Oui, le Symbhi a demandé lors des réunions publiques à ceux qui se sentaient concernés par le projet d’aménagement ou qui avaient des compétences particulières de participer aux ateliers. Pour moi, cela présentait un double intérêt : comme riverain, je suis en permanence sur le terrain, à proximité de la rivière ; et comme technicien, j’ai une certaine expertise hydraulique.
Comment se sont déroulés ces ateliers ?
J’ai d’abord participé à la première réunion publique de Vizille fin mars. La présentation du projet a permis de dédramatiser les choses, car, au préalable, nous avions eu une réunion avec la préfecture qui avait présenté sa carte des aléas, dont les conclusions étaient préoccupantes pour de nombreux habitants. La première réunion de Vizille qui a donné les grandes lignes du projet d’aménagement a apaisé le débat. J’ai ensuite été retenu pour participer aux deux ateliers qui se sont tenus à Vizille et à Champ-sur-Drac. Nous étions une quinzaine de personnes : des élus, des habitants, des représentants d’associations. Tous les participants avaient un point commun : une bonne connaissance du dossier, une grande motivation. Cela a permis un dialogue ouvert, constructif, avec des questions très intéressantes, pertinentes. Et, pour y répondre, nous avions des spécialistes vraiment à l’écoute qui ne pratiquaient pas la langue de bois : ceux du Symbhi, mais aussi de Sogreah ou du Cabinet Gay. Les échanges ont été riches. Ils ont répondu aux préoccupations de chacun en utilisant le même langage. Ces ateliers ont vraiment permis de faire avancer le projet. Il est vrai, et c’est normal, que beaucoup de points de détail n’avaient pas été vus, ou traités sommairement. Nous avons eu le sentiment d’être acteurs de ce projet.
Quel sentiment général retenez-vous de cette expérience ?
Nous avons été écoutés, toutes nos observations ou suggestions ont été prises en compte. Je suis, en ce qui me concerne, très heureux d’avoir ainsi apporté ma pierre à l’édifice commun. Je vais donc continuer à suivre ce dossier de près.
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