|
![]() |
![]() |
Allez à la fin du premier menu
| Accueil | SYMBHI | Isère amont | Romanche | Ruines de Séchilienne | Actualités |
Allez au début du premier menu
Allez à la fin du menu de niveau 2
Allez au début du menu de niveau 2
Alain Gautheron, vous dirigez le Service de prévision des crues (SPC). Pouvez-nous présenter ce service de l’Etat ?Le SPC est un service interdépartemental placé sous l’autorité du Préfet de l’Isère. Il a pour mission d’assurer la surveillance, la prévision et la transmission de l’information sur les crues de l’Isère, de son entrée dans le département jusqu’à sa confluence avec le Rhône. Créé en 2005, il a succédé au Service d’annonce des crues de l’Isère fort ancien et emploie quatre personnes à temps plein .
Notre service s’appuie sur un réseau d’une vingtaine de stations de mesure de hauteur d’eau en rivière télétransmis en temps réel, en cogestion avec EDF ou la Dreal (ex-Diren). Météo France nous fournit les valeurs observées et les prévisions de précipitations et de température de l'air. Sur la base d'une analyse des données historiques récentes, le traitement de l’ensemble de ces données permet d’évaluer les situations à risques et de fournir une carte de vigilance à 24 heures avec des codes couleur qui représentent le niveau des dangers encourus ; des prévisions quantitatives plus précises sont ensuite produites avec des échéances plus courtes, de l'ordre de 6 heures à Grenoble. Toutes ces informations sont disponibles sur le site Internet Vigicrues.
Tout à fait. Nous sommes passés en vigilance jaune 24 heures avant les premiers débordements et 36 heures avant le maximum à Grenoble, les prévisions de Météo-France s'étant révélées très fiables sur cet épisode.. Nous avons mesuré une hauteur d’eau de 3,12 mètres à l'échelle de référence au pied de la Bastille, soit un débit d'environ 900 m3/s. Cette pointe de crue , qui relève d’un évènement décennal, a été prévue avec une anticipation de huit heures. Elle s’est traduite par des débordements à la base de loisir de Bois Français, un problème de refoulement par les réseaux à Domène qui a entraîné une inondation dans une entreprise, la submersion du quai Charpenay, des voies sur berge et du parking de la Bastille à Grenoble, et une remontée importante de la nappe phréatique sur le campus à Saint-Martin d’Hères. Les gens du voyage qui stationnaient dans la boucle des Sablons ont été évacués par précaution. En raison d'une météo clémente, les désagréments ne sont, fort heureusement, pas allés plus loin !

En effet. Mais la prévision sur l'Isère à Grenoble reste délicate. Nous travaillons sur un bassin hydrologique qui couvre 5 720 km2 et est très spécifique de par son caractère montagneux. Le rôle de la neige et les effets du relief sur les précipitations sont des éléments déterminants dans les prévisions, mais restent encore mal connus. Les réseaux d'observations météorologiques et en rivière restent sous dimensionnés et fragiles face à des événements exceptionnels.
De plus au-delà de la crue décennale, notre modèle actuel a du mal à anticiper les conséquences réelles, notamment les ruptures de digues, et à évaluer les impacts potentiels. Nous reprenons le modèle hydraulique construit par Sogreah pour l'analyse des inondations afin de l’adapter à une utilisation en temps réel et ainsi être en mesure d’améliorer nos outils de prévision prévus pour des crues moyennes à fortes. Nous pourrons mieux prévoir le niveau de la crue, mais pas dire où exactement les problèmes peuvent survenir, car ils relèvent d'une part d’aléatoire. C’est là la vraie difficulté !
Oui, car les dispositifs prévus par le Symbhi concernent surtout une meilleure gestion des inondations pour les crues trentennales et au-delà. Notre collaboration avec le Symbhi fonctionne dans les deux sens. Le SPC fournit des informations au Symbhi qui lui permettent d’évaluer quels champs d’inondation contrôlée seront concernés par la crue et si cela nécessite d’évacuer les habitants qui seraient situés dans ces zones inondables. Dans le sens inverse, le Symbhi nous transmet les éléments permettant de bien comprendre le fonctionnement des aménagements hydraulique et leur impact sur la propagation de la crue. Grâce à cela, le Symbhi pourra anticiper la situation, au moins jusqu’à une crue cinquantennale en coordination avec les autres acteurs de la gestion de crise (SDIS, AD Isère Drac Romanche, préfecture, maires, ...), ce qui n’est déjà pas si mal.