retour page d'accueil ce site est appartient au portail Isère.fr

Allez à la fin du premier menu

Allez au début du premier menu

Allez à la fin du menu de niveau 2

Allez au début du menu de niveau 2

Ruines de Séchilienne : questions à Marc Panet, président du Collège d'experts

Marc Panet préside le Collège d’experts chargé de suivre et de prévoir l’évolution du risque de Ruines de Séchilienne. Dans leur dernier rapport, les experts indiquent qu’« un éboulement en une seule phase de toute la zone frontale était hautement improbable. »

 

Quelle est la mission précise du Collège d’experts que vous présidez ?
Un collège d’experts pour les Ruines de Séchilienne a été créé en 2002. Lors de son dernier renouvellement en décembre 2008, ses missions ont été précisées. Elles consistent essentiellement :
• à suivre l’évolution du site et à interpréter des déplacements observés,
• à analyser les conséquences hydrauliques de la formation d’un barrage naturel sur la Romanche suite à un éboulement,
• à fournir un appui au Centre d'Etude Technique de l'Equipement (CETE) de Lyon chargé du suivi du site et à la DDE de l’Isère pour ses analyses,
• à une mobilisation des experts en cas de crise auprès du Préfet de l’Isère et de la DDE,
• à proposer au Préfet de l’Isère des éléments de communication aux acteurs locaux ;

Quels experts composent ce Collège ?
Ce collège que je préside est actuellement composé de :
• Christophe Bonnard, expert international, ex-adjoint scientifique du laboratoire de mécanique des sols de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne,
• Gérard Degoutte, membre du Conseil Général de l’Alimentation de l’Agriculture et des Espaces Ruraux, spécialiste des barrages et de leur sécurité,
• Jean-Louis Durville, membre du Conseil Général de l’Environnement et du Développement Durable, spécialiste des mouvements de terrain,
• Louis Rochet, spécialiste de mécanique des roches et des éboulements rocheux.
Avec le décès récent de Pierre Desvarreux, le collège regrette la perte du concours d’un des plus éminents spécialistes des mouvements de terrain dans les Alpes.
Des représentants de la Direction Générale de la Prévention des Risques, du CETE de Lyon, de la DDE de l’Isère, de la Direction Régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement (DREAL) Rhône-Alpes et du SYMBHI participent également aux travaux du Collège.

Votre Collège produit régulièrement des documents. Quelle est leur nature ?
Le Collège produit une note trimestrielle sur l’évolution du versant. Il rédige un rapport annuel sur la base du rapport annuel d’auscultation du site du CETE de Lyon. Il peut également produire, à la demande de la Direction Générale de la Prévention des Risques, des rapports d’analyse du risque, comme le dernier rapport de janvier 2009.

Le dernier rapport réduit le risque d’éboulement. Qu’en est-il à court terme et à long terme ?
Depuis le premier rapport, le Collège a distingué sur le versant une zone dite frontale dans laquelle les déplacements sont très élevés par rapport aux autres zones. Les limites de cette zone ont été légèrement modifiées par la suite en se fondant sur les données de l’auscultation.
La question essentielle pour le court terme est de prévoir l’évolution de cette zone frontale. L’analyse des données de l’auscultation sur une longue période a convaincu le Collège qu’un éboulement en une seule phase de toute la zone frontale était hautement improbable. Les scénarios envisageables à court terme sont des éboulements partiels de la zone frontale en plusieurs épisodes. Cet avis du Collège d’experts avait déjà été exprimé dans le précédent rapport et ne peut être considéré comme un élément nouveau du rapport de janvier 2009.
La prévision de l’évolution du versant à long terme, avec la purge progressive de la zone frontale par éboulements successifs, est plus délicate. Les données de l’auscultation montrent que la zone frontale a tendance à se développer vers le Nord-Ouest. L’analyse des mécanismes de déformation du versant conduit le Collège à prévoir à long terme une extension de l’instabilité avec des mécanismes comparables à ceux observés dans la zone frontale actuelle. Les observations du comportement du versant sur plus de vingt années montrent que l’évolution est lente et qu’il faut des déplacements de plusieurs mètres, voire décamétriques, pour mettre en déséquilibre des masses rocheuses importantes. Une campagne d’études géophysiques et des forages de reconnaissance en cours doivent permettre de mieux appréhender les mécanismes de cette extension.

Quelles dispositions votre Collège préconise-t-il de prendre pour suivre l’évolution du risque ?
Le versant de Séchilienne est l’objet d’une auscultation d’une ampleur exceptionnelle par le nombre de capteurs et le traitement permanent des données. Le CETE de Lyon soumet chaque année au Collège des propositions pour améliorer le système et l’adapter à l’évolution du versant. Ce suivi du versant doit permettre une réévaluation continue du risque sur une longue période en fonction des données de l’auscultation et des observations faites sur le site.

Quel a été l’apport dans votre réflexion du modèle réduit physique réalisé par la CNR ?
Le risque le plus grave est la simultanéité de l’éboulement et d’une crue exceptionnelle de La Romanche. Les essais sur modèle réduit confiés par le Symbhi à la CNR avaient pour objectif d’étudier les conditions d’érosion du barrage et d’évaluer les sur débits. Deux experts du Collège ont participé à la définition des essais : dimensions du barrage, hydrogramme de la crue centennale, granulométrie des matériaux constituant le barrage …Les essais se sont déroulés de manière très satisfaisante. La principale difficulté des essais sur modèles réduits est l’impossibilité de respecter toutes les conditions de similitude.

 Quelle serait, au vu des conclusions du Collège d’experts, la meilleure solution de prévention du risque ?
La mission du Collège d’experts comprend la définition du risque mais n’inclut pas la définition des parades pour prévenir le risque.