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Une rivière perturbée par les hommes

L'endiguement de la rivière n'est pas le seul responsable des perturbations visibles de nos jours : les coupures de méandre, les extractions de matériaux dans le lit, les aménagements hydro-électriques ont aussi un impact fort sur l'Isère.

Les coupures de méandre

 La coupure du méandre du bois français réalisée dans les années 1970 a provoqué un enfoncement du lit de l'Isère de plus d'1,4 m au droit des travaux, et de 80cm au pont de Brignoud, 6 km en amont. Elle n'est pas isolée : à Chapareillan, un ancien méandre est encore apparent sur les photographies aériennes. Il a été coupé lors de la construction de l'autoroute. D'autres peuvent être retrouvés sur toute la vallée.

Les extractions de graviers et de sable

Les extractions de graviers et de sable, dans le lit de l'Isère, sont bien sûr très négatives pour l'habitat des poissons, et pour la qualité des eaux (mise en suspension de matières dans l'eau). Mais le plus grave est qu'une fois arrêtées, elles continuent à perturber la rivière : l'extraction de 9 000 000 m3 de matériaux dans le lit de l'Isère entre 1950 et 1972, alliée à l'effet des coupures de méandre, a provoqué un enfoncement du lit :entre 1949 et 1990 il est descendu de 1 à 3m selon les secteurs, de Pontcharra à l'entrée de l'agglomération grenobloise. Depuis 1990, en aval de Brignoud, le lit à tendance à remonter (dépôt de graviers et sables).

Les prises d'eau hydro-éléctriques

 EDF a construit une dizaine de barrages d'altitude, stockant plus de 800 millions de m3, et toute une chaîne de prises d'eau en rivière sur l'Arc et la Haute Isère. Tous ces aménagements modifient en partie le régime de l'Isère.

Si les barrages sont sans effets sur les grandes crues, les petites crues sont diminuées (on dit " écrêtées "). La rivière déplace de ce fait plus difficilement les bancs de galets qui auparavant étaient remobilisés à chaque crue. La végétation s'y développe, ils réduisent en partie la section du lit " mineur " (lit de la rivière entre les digues) et aggravent les problème d'inondation ou d'attaque des berges et des digues.

De même, les fortes variation de débit dans une même journée perturbent les poissons : il devient impossible pour eux de se reproduire, les zones de " frayère " pouvant être mises à sec chaque jour, ou au contraire lessivées par un débit important.

100 ha de forêt dans le lit de l'Isère

De Pontcharra à Grenoble, la superficie de la forêt qui s'est développée sur les bancs et îlots est passée de 24ha en 1970 à 100 ha en 1996.

90 m3/s

C'est le débit maximum turbiné au Cheylas par les aménagements EDF.