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17 février 1899:"l’administration n’autorisera aucun nouveau relèvement des digues"

Dans une lettre à une association syndicale, lingénieur des Ponts-et-Chaussée de l'époque invite déjà les associations " à se rendre compte des dangers auxquels les expose leur système d'endiguement " ; " il faudrait donner au crues un plus vaste débouché "

Histoire des endiguements sur l’Isère

Le "diguement de Savoie" et la naissance des endiguements en Isère

Avant le XIX° siècle, l'Isère avait un lit de torrent, en tresse, d'une largeur pouvant atteindre le kilomètre. La rivière déplaçait son lit dans cette bande à chaque crue, et de nouveaux bras se formaient. Témoins de cette époque, de nombreux lieux-dits sur le Grésivaudan portent le nom de "l 'Ile " ou des " Iles " ( les Iles sur La Buissière, l'Ile Arnaud sur Le Cheylas, l'Ile de la vache sur Bernin…)

De 1830 à 1860, le petit état Sarde entreprit d'endiguer complètement l'Isère et l'Arc. Suite à la crue de 1859, les français décident de s'atteler à la même tâche. Plusieurs projets sont dressés par les ingénieurs des Ponts-et-Chaussées. Déjà à cette époque deux tendances s'affrontent :

  • le projet " Clunit " cherche à redresser le lit de l'Isère en coupant tous les méandres, et à construire des digues " insubmersibles ".
  • le projet " Gentil " préserve les méandres et prévoit par endroit des digues submersibles pour permettre l'expansion des grandes crues.

De 1850 à 1870, un grand nombre de syndicats de riverains entreprirent sous la conduite des Ponts-et-Chaussées, et avec des subventions de l'Etat, une réalisation partielle de l'endiguement, en suivant principalement le projet " Clunit " : la rivière se retrouve enserrée entre ses digues.

Le retour du balancier : le niveau du fond du lit remonte

Dans la première moitié du XX° siècle, la rivière dépose entre les digues les matériaux qu'elle répandait auparavant dans toute le plaine. Le niveau de son lit se retrouve ainsi perché au dessus de cette dernière, et l'agriculture connaît de sérieux problèmes de drainage, et les digues sont submergées lors de crues moyennes.

Plusieurs projets sont étudiés pour remédier à cela, et en 1941 une loi programme 450 millions de francs de crédits de financement.

Entre 1950 et 1970, l'Isère est régulièrement curée, et les matériaux extraits sont utilisés pour exhausser les digues.