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Les suites

Cette crue marquera le début de la politique de protection de la ville. Les premiers travaux qui en découleront viseront à surélever les quais à une côte légèrement supérieur à la ligne d'eau de la crue.

La crue du 2 novembre 1859

 La pluie avait commencé les 26, 29 et 31 octobre. Une pluie dautomne, régulière, prolongée, mais peu abondante. Le vent du midi balayait les montagnes, réchauffant l'atmosphère. Le 1er novembre, la température monta brusquement de 12 à 19 degrés. Dès lors, les fontes de neige s'intensifièrent dans les massifs environnants. L'eau ruisselait en masse, dévalant les reliefs et convergeant vers l'Isère. Dans la nuit du 1er au 2 novembre, la rivière sortit de son lit, déchaînée. Au petit matin, Grenoble était sous les eaux. Le niveau atteignait 1,5 m rue Très-Cloître, 1,44 m rue Montorge et 1,32 m place Vaucanson. Partout les caves étaient remplies. Leau ne tarda pas à recouvrir l'Ile Verte et à saventurer en direction de la gare et de la place Saint-Bruno. Dans sa déambulation, l'Isère transportait meubles et animaux morts. Au cimetière, les croix des sépultures ont été arrachées par le débit. Les inhumations ont été suspendues jusquau 17 novembre. L'hôpital était prié de garder ses morts jusqu'à des jours meilleurs. En ville, la population improvisait de nouveaux moyens de déplacement : des radeaux étaient construits à la hâte. Les plus riches et les plus âgés se faisaient transporter par des voitures à bras que traînaient des hommes ayant de leau jusquà la ceinture.


 En amont et en aval de Grenoble, la plaine était devenue un immense lac, s'étendant jusquaux premiers contreforts. La décrue commença cependant le soir du 2 novembre. Les premiers secours s'organisaient. A Moirans, des bateliers dégagèrent des eaux une famille, coincée pendant dix-sept heures dans une maison assaillie par la rivière. Cest alors que commença l'inventaire des dégâts. Aux Granges, un homme fut retrouvé mort : il s'était agrippé en vain à un arbre. A Saint-Nazaire-les-Eymes, les corps de deux victimes ont été rendus aux familles. Ces deux hommes avaient imprudemment bravé le danger, essayant de récupérer des outils laissés aux champs. " Les pertes sont incalculables, la ruine est partout et chez tous ", déplore le syndic directeur du Haut-Tencin avant de dénoncer : " L'endiguement mal compris en est l'unique, la seule cause ". Le message a-t'-il été retenu, près de 150 ans après ?

La crue en quelques chiffres

  • Une crue estimée bicentennale, c'est-à-dire quelle revient en moyenne tous les deux cents ans. Dit autrement, nous avons une " chance " sur deux cent de la voir dans l'année…
  • Hauteurs deau : 0.75m Rue Lesdiguières, 1m Place Notre-Dame, 1.25m Places Grenette et Vaucanson, 1.60m Rue St Laurent et 1.8m au cimetière et Rue St François.
  • Victimes : 6 morts
  • en amont de Grenoble, toute les récoltes sont anéanties.
  • à Grenoble, toutes les marchandises stockées dans les caves et rez de chaussée sont détruites, des affouillements sont constatés sous les fortifications, la chaussée du pont de la Graille est arrachée sur 30m, plusieurs maisons s'effondrent et la plupart des canalisations sont détruites.
  • en aval de Grenoble, l'Isère s'est tracé un nouveau lit jusqu'à Voreppe, toutes les digues sont rompues, et le chemin de fer est submergé jusqu'à St Egrève.
  • Chiffrage des pertes : le montant des dégats sur les digues se chiffre à près de 400 000 francs or. L'Etat assurera les 2/3 du financement des travaux urgents. Le montant des pertes dans les 38 communes sinistrées s'élève à plus de 620 000 francs, alors qu'à Grenoble même il atteint 116 000 francs, pour des commerçants essentiellement. Les aides de l'Etat seront dérisoires.
  • Les dégats sur la Romanche seront très importants